Les résultats du Prix d’Écriture des IUT sont arrivés : Laurie Chopin, étudiante en première année de DUT Génie Biologique à l’IUT de Montpellier-Sète est l’heureuse lauréate du Prix spécial de la présidente du jury, Emmanuelle Bayamack-Tam, pour cette édition 2020.

Le prix d’écriture des IUT vise à récompenser des textes rédigés par des étudiants inscrits en IUT (DUT ou licence professionnelle) dans le cadre d’un atelier d’écriture organisé au sein des cours d’expression-communication. Les étudiants concourant à ce prix sont appelés à rédiger un texte répondant à la consigne d’écriture définie par le comité d’organisation.

Pour cette deuxième édition, le thème retenu était une lettre ouverte à l’humanité.

Hormis le respect du thème, de nombreux critères d’évaluation sont pris en compte dans l’évaluation des écrits comme la créativité, la structure, les procédés comiques mais surtout les codes de la lettre.

Au sein de l’IUT Montpellier-Sète, le travail des étudiants s’est effectué dans les cours d’expression-communication de Mme Nicole Gourgaud. Parmi les 104 lettres produites par les étudiants du département GB, 7 ont été sélectionnées et soumises au jury.

Dans sa lettre, Laurie nous interpelle, nous habitant·e·s de la Planète bleue. Elle nous parle de manchots Adélie, non pas pour mentionner leurs adorables frimousses mais pour dire son effroi face au sort que nous leurs faisons subir. Nous, être humain, responsable du réchauffement climatique et de la surexploitation des ressources de notre belle planète. Laurie nous invite à reconsidérer nos comportements destructeurs et à nous engager au plus vite pour la préservation de notre belle planète.

Un effet Greta Thunberg ? En tout cas, le discours est percutant et comme l’écrit Laurie, « Le mouvement actuel est encourageant, nous devons continuer sur cette voie. »

Félicitations à Laurie pour ce prix et cet engagement !

La lettre de Laurie

Chers habitants de la Planète bleue,

Aujourd’hui un Manchot est mort. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

Non, en réalité, tous les jours des Manchots Adélie disparaissent. Ces oiseaux exceptionnels ne survivent que très rarement aux étés austraux. Jusqu’à l’hiver 2020, deux « année zéro » ont eu lieu, deux de trop. En 2014, aucun poussin n’a résisté aux douces températures estivales d’Antarctique ; en 2017, ils étaient deux pour deux cent mille couples. L’anormale chaleur de l’été austral provoque la tombée de pluies légères, le plumage des jeunes manchots n’est pas assez étanche, il se gorge d’eau. La nuit, les vents font chuter la température à moins quinze degrés Celsius. Les poussins trépassent, congelés. Cette réalité a pour cause le réchauffement climatique. Malheureusement, ce n’est pas la seule raison pour laquelle les Manchots s’éteignent. Les chalutiers, très gourmands en krills, privent les oiseaux de leur principale source d’alimentation.

Comme le Rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest, les Manchots Adélie feront partie des espèces disparues récemment. Ce ne sont pas des espèces telles que celle du Dodo de l’île Maurice, qui s’est malheureusement éteinte à cause de sa paresse, mais bien des espèces disparues par notre faute. L’Homme n’est pas un loup pour l’Homme, du moins pas autant que pour les autres espèces. Ceux qui disent respecter l’environnement se dopent aux compléments alimentaires à base de farine de krill ; et ils commandent ces produits sur le site d’un géant économique à la conscience écologique proche du niveau de la mer.

Finissez-en avec ces folies destructrices ! Ne collectionnez pas les choses matérielles, concentrez-vous sur les expériences de la vie ! Les souvenirs restent.
Nous pouvons également évoquer les climato-sceptiques, ingénus au point de fermer les yeux sur leurs erreurs, des erreurs qui coûtent cher à la planète. Un mégot échappé dans une nature sèche et voilà qu’un continent brûle ! Il est grand temps de cesser les décharges sauvages !

L’objet de cette lettre est bel et bien de dénoncer le comportement profondément irresponsable de l’Être Humain. L’animal que nous sommes est censé agir plus
intelligemment que les autres espèces. Or, l’intelligence se définit comme la capacité d’adaptation. Et pourtant, nous ne nous adaptons pas, nous obligeons, et modélisons notre environnement comme bon nous semble.

Face à la résistance, l’Homme est rouge, il rage, il ravage, il éructe avec fureur sa colère et détruit tout sur son passage. Pendant ce temps-là Terre se plie et subit. Il en est ainsi depuis des milliers d’années.

Nous ne pouvons qu’espérer retrouver la luxuriance originelle de notre planète. Mais l’espoir est une mémoire qui désire. Je fais souvent ce rêve étrange et
pénétrant d’une nature à nouveau luxuriante, que j’aime et qui devrait m’aimer si j’en prenais soin comme il se doit. Pourrons-nous redécouvrir une nature riche, fastueuse et fertile? L’ambition est grande, certes, cependant des solutions sont possibles et accessibles. Encore faut-il que nous agissions rapidement et efficacement. Commençons à penser pour la planète, et non à l’exploiter sans craindre sa fin imminente. Chaque battement d’aile du papillon peut ralentir l’arrivée de la catastrophe climatique. Nos dirigeants ont les cartes en main, la partie est loin d’être finie. Les gouvernements signent des engagements à foison, mais les actes correspondent rarement aux mots. C’est pour cette raison que les populations descendent dans les rues du monde entier pour protester contre l’inertie des gouvernements et des firmes internationales. Heureusement, certains agissent pour d’autres. Nous devrions individuellement pousser l’investissement à son maximum. C’est la preuve du changement des mentalités. C’est le début d’un renouveau pour la Terre, une réelle bouffée d’oxygène, passé les révolutions industrielles et la surconsommation des ressources. L’homme a ses raisons que la nature ne connait point. Le mouvement actuel est encourageant, nous devons continuer sur cette voie.

Nous viendrons à bout des esprits réfractaires à l’innovation écologique.

Gardons cette dynamique, la nature retrouvera son âme.

Bien à vous,